mercredi 25 août 2010

Patience

La patience est l'un des sentiments les plus difficiles à dompter. Nous sommes sans cesse sollicités, houspillés, pressés par les autres et les rythmes de la vie quotidienne, la patience semble être un luxe. Pourtant, quoi de plus normal que de laisser à une personne âgée un peu plus de temps aux caisses des magasins pour compter et ranger ses sous, de ne pas s'énerver sur la route parce qu'une voiture roule plus lentement qu'une autre ou de ne pas se ruer sur telle ou telle nouveauté (que ce soit dans le domaine du scrap ou de la mode par exemple) qui nous semble indispensable sur le moment mais après réflexion elle n'est plus aussi extraordinaire que cela. Parfois l'impatience se mue en caprice, c'est la règle du "tout tout de suite" qui prend le pas sur la raison et nous empêche de profiter des choses simples.

Je me suis faite cette réflexion hier alors que j'attendais mon tour devant la fondation Hermitage à Lausanne qui propose jusqu'en octobre une rétrospective sur le peintre Edward Hopper. Deux gentilles dames devant moi déploraient la lenteur de la personne qui vendait les tickets, se dandinaient d'un pied sur l'autre, soufflaient, marmonnaient dans leur barbe. Elles auraient pu admirer l'extraordinaire bâtisse de la fondation, son parc verdoyant et accueillant, la petite terrasse du restaurant qui donnait envie d'un bon café. Au lieu de cela elles fixaient tour à tour le bout de leurs chaussures et la caissière. Pour ma part, j'avais dans mon petit sac un livre de poche, un petit carnet et un stylo, panoplie nécessaire pour patienter dans les files d'attente. Quoi de plus agréable que de lire quelques lignes, noter une idée, une anecdote sur une feuille. Ou mieux encore, faire comme Georges Perec.

Georges Perec a écrit un essai intitulé "tentative d'épuisement d'un lieu parisien". Durant trois jours, l'écrivain s'est installé à la table d'un café et noté scrupuleusement tout ce qu'il observait dans la rue, dans le café, tout autour de lui. Le résultat pourrait paraître incroyablement ennuyant et inutile. Et pourtant. Les observations de Perec sont passionnantes, lire cet essai équivaut à regarder un tableau, ce que l'on appelle communément une "tranche de vie". Perec résume ainsi sa démarche: «Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites, inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. »

Lorsque j'étais au collège, notre professeur nous avait donné comme devoir ce type d'exercice: une observation rigoureuse, objective et détaillée d'une tranche de vie. J'avais choisi un quai de gare et encore aujourd'hui cet exercice a été le plus intelligent, le plus passionnant mais aussi le plus difficile à réaliser. J'en garderai toujours un excellent souvenir.

C'est là que Perec rejoint Edward Hopper: cette passion du quotidien et des scènes en apparence banales est l'une des caractéristique premières du peintre. Hopper a immortalisé le quotidien de l'Amérique, la solitude dasns la foule, la lumière sous toutes ses facettes. Je vous conseille vivement de vous rendre à l'Hermitage ou à défaut de parcourir un livre sur ce peintre réaliste. Voici l'affiche de l'exposition:




Côté scrap, j'ai décidé d'exploiter un peu plus franchement les tampons que je possède. J'ai acheté il y a quelque temps une collection de tampons qui s'associe à merveille aux boutons. Papertrey Ink possède quelques collections thématiques qui sont une source inépuisable d'inspiration. Voici quelques exemples:


Tampon ficelle de ballons: Papertrey Ink; tampon de fond musical: Prima; découpe carrée et crantée: Spellbinders


Tampon montgolfière: Papertrey Ink; papier à motif: October Afternoon; ruban: Jenni Bowlin

Dans un autre registre, mais toujours avec des produits Papertrey, voici trois autres cartes:

 
Tampon tasse et sachet de thé: Papertrey Ink; tampon de fond horloges: Hero Arts Cling


Tampon tasse, petit pot et cuillère à miel: Papertrey Ink
 
 
 Découpe fleur: Papertrey Ink; découpe ronde crantée: Spellbinders



Ma musique du jour: J'ai du mal à quitter l'Italie du point de vue musical. J'ai découvert il y a peu un artiste très doué, un mélodiste talentueux qui m'a séduite grâce à sa musique et à sa voix. Il s'agit de Cesare Cremonini. Ecoutez "mondo", "marmellata n°25" "vieni a vedere perché" et surtout "hello" (en duo avec l'une des voix les plus enthousiasmantes de la jeunesse musicale italienne, Malika Ayane), vous allez être charmées!
 
 
 
 
Passez un bon mercredi!

4 commentaires:

Marinette-Scraptherapie a dit…

héhé te voilà addict aux tampons papertreyInk, sont beaux hein?
tes créations sont de toute beauté, j'aime beaucoup aussi ce tampon mongolfière!
J'aime beaucoup lire ta philosophie de la vie et tu as parfaitement raison, les gens ne font plus attention aux petits bonheurs, aux petites merveilles qui les entourent,tout le monde est pressé, stressé, tout le monde ne prend plus le temps de vivre tout simplement....
BIsous

apsara a dit…

quelle excellente idée d'expoiter ses tampons.... c'est ce que je devrai faire aussi non ?? tes cartes sont magnifiques... bravo et comme toujours ton texte est juste, poétique et terriblement bien écrit...
bisous

Marie-Pierre a dit…

Elle m'a l'air bien jolie l'exposition que tu as visitée, tu donnes envie de s'y rendre.
J'aime beaucoup ta série de carte et j'ai bien apprécié ta minute philosophique !
Bises

leksa a dit…

Tes cartes sont splendides et j'aime beaucoup ta philosophie de la vie, tu as raison

bizzzz